- CALISTO-235

- Le Madrigal
de Paris
nous a offert mardi soir, 18 mars, à léglise des
Blancs Manteaux au cur du Marais un somptueux
concert.
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- Les Sept Dernières
Paroles du Christ en Croix de Joseph
Haydn est une magnifique partition dont la
richesse mélodique offre à lauditeur plus
dune occasion de se trouver en osmose parfaite avec
une uvre lourde de sens.
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- Lhomogénéité, la
qualité dune interprétation soutenue par la
direction ample et rigoureuse de Pierre Calmelet ont
fait de ce concert du Madrigal un moment d'exception.
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- Pierre Calmelet a fait le
choix judicieux de ramener lorchestre symphonique
à neuf musiciens : une flûte, deux hautbois, un cor et
un quintette à cordes. Leffectif réduit concentre
leffet, décuple le sens et donne à
loratorio la forme dun dialogue dune
grande intensité émotionnelle entre les instruments et
le chur. Telle une ligne élégante, aérienne,
tantôt au premier plan, tantôt intimement mêlée à
lensemble, la partie de soprano habille
loratorio dune aura diffuse et daccents
poignants.
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- Un hommage particulier doit
être rendu à Astryd Cottet, qui a
remplacé au pied levé la soprano Clémentine Decouture,
souffrante ce soir-là. Elle nous a offert une
interprétation dune grande sensibilité jouant
admirablement entre la sobriété que réclame
laustérité du sujet et le brio quexige le
style de certains passages.
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- La dimension de
luvre dune profonde humanité,
dun admirable équilibre, la rigueur et la richesse
dune interprétation dont les couleurs se sont
succédées avec bonheur tout au long du concert en ont
fait un moment rare, qui nous fait espérer que le
Madrigal enregistre un jour cet oratorio.
Catherine
Lebouleux
- Le programme de la soirée
présentait luvre avec quelques éléments
permettant den apprécier les qualités
structurelles. Nous les exposons pour ceux qui
souhaiteraient découvrir cette partition ou en
approfondir son approche.
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- Première
parole :
- Vater !
Vergib ihnen, denn sie wissen nicht, was sie tun
- Père,
pardonne leur, ils ne savent pas ce quils font
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- Un thème descendant,
des rythmes pointés, des accents décalés, une
juxtaposition de ryhhmes qui traduisent la supplication.
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- Deuxième
parole :
- Fürwahr,
ich sages dir : Heute wirst du bei mir im Paradiese
sein
- En vérité,
je te le dis, aujourdhui tu seras avec moi au
Paradis
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- Une déclamation très
apaisée notamment à la voix dalto dans la
partie centrale lalternance continue des
tonalités majeures et mineures dans une grande
simplicité musicale qui expriment la souffrance comme
lespérance.
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- Troisième
parole :
- Frau, hier
siehe deinen Sohn, und du, siehe deine Mutter
- Femme, voici
ton fils, et toi, voici ta mère
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- Une écriture très
dramatisée avec la répétition du motif descendant qui
scande le début de cette sonate, lostinato de
laccompagnement orchestral, des parties vocales
tourmentées (motifs en croches), lutilisation
dun motif en croix sur le mot « Kreuze », de
grands contrastes entre les interventions solistes et
chorales.
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- Quatrième
sonate :
- Mein Gott !
Mein Gott ! Warum hast du mich verlassen ?
- Mon Dieu,
mon Dieu, pourquoi mas-tu abandonné ?
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- Une modulation dun
demi-ton très violente pour introduire le moment le plus
désespéré de la passion du Christ ; cest du
reste la seule sonate de tonalité mineure qui se termine
dans ce même mode. Pourtant une écriture chorale très
verticale, un accompagnement orchestral surprenant,
léger : cest une méditation distanciée qui fait
le lien entre le sacrifice du Christ, le rachat des
hommes par le Père et le sens de la vie trouvée dans
léternité (derniers mots du texte).
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- Cinquième
sonate :
- Jesus rufet
: ach !mich dürstet
- Jésus crie
: jai soif
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- Les pizzicati de
lorchestre évoquent lépuisement ; la seule
des paroles qui est énoncée par le soliste comme une
réminiscence des passions de Bach. Un ton très
dramatique pour un commentaire sur le scandale de la
passion.
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- Sixième
sonate :
- Es ist
volbracht
- Tout est
accompli
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- Pour cette dernière
parole « terrestre » de Jésus, Haydn fait appel à la
tonalité considérée comme la plus dramatique à
lépoque classique, sol mineur. Et pour illustrer
laccompagnement des promesses de lAncien
testament par le Christ, la paix et la joie quil
apporte au monde, il marie style musical ancien
homophonique (« Tout est accompli ») et style musical
moderne galant de la fin du XVIIIe siècle (particulièrement
dans les interventions de la soprano solo).
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- Septième
parole :
- Vater ! In
deine Hände empfehle ich meinen Geist
- Père entre
Tes mains, je remets mon esprit
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- Une tonalité
particulièrement affirmée et confiante pour une
véritable allégorie virtuose et fleurie de
lhumanité divine du Christ, comme si cette
méditation nétait déjà plus de ce monde.
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- Tremblement
de terre :
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- Effet très dramatique
de ce presto final, et contraste entre le déchaînement
de la partie orchestrale et le traitement presque
toujours monodique et homophonique du chur.
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