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CONCERT AU CAFE DE
LA DANSE
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- Volontairement dans ce texte,
je nai pas marqué la frontière entre la réalité
et le littéraire, voire le poétique et lonirique.
Parce que javais besoin décrire, de laisser
partir les mots. Cest parfois essentiel de se
laisser guider par les mots. Cest un exercice
salutaire. Il faut leur faire confiance. Ils nous
emmènent souvent là où nous devons aller. Et au
détour de divagations sans logique, nous arrivons à la
lumière qui fuse et qui illumine soudain le texte
de toute son étonnante vibration. Cet éclair est alors
vérité profonde affleurant dans les images aléatoires
et les démesures de la parole. Il fait comme
locéan qui laboure lâme de ses rouleaux
incessants, charrie le limon et exsude le moindre déchet.
- Il te faudra donc, toi qui
me lis, faire un tri et trouver le moment où la ligne de
démarcation devient floue et sefface. Il y a un
moment où je ne serai plus moi et où tu seras à peine
toi en me lisant. Peut-être aussi que ta ligne de
démarcation ne sera pas la même que la mienne ?
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- Jai découvert un
quartier de Paris que je ne connaissais pas du tout. Tout
juste derrière la place de la Bastille. Le Café de la
Danse est dans le passage Louis-Philippe, dans ce lacis
de ruelles derrière la rue du faubourg Saint Antoine. Un
quartier presque indescriptible. Fait de populaire, de
misère parfois, de folklore du monde entier, dun
mélange de pittoresque et de parisianisme. On ny
retrouve pas le spectateur de lOpéra ici, il est
resté parqué autour du Génie ailé qui court au-dessous
du ciel parisien de son éternel allure juvénile et
svelte.
- Pour tout dire cet endroit
colle parfaitement à mes jeans déchirés et mes
vareuses baba-cool ! Enfin cest plutôt moi
qui ne détone pas. Ici, dans un tel endroit, je ne
détone pas ni ne dénote. Ici jai lintuition
que nimporte qui pourrait me tenir par la main ou
par la taille ou par le cou, pour me guider sur les
pavés et me glisser des caresses damour dans
lâme qui ferait dabord à mon oreille une
musique balbutiante et douce.
- Cest un endroit où
lamour a droit de cité. Un endroit pour filmer une
rencontre fulgurante et brutale damour qui surgit,
qui sen va et se meut en toute suavité dans une
vie sans heurts. Cest quand même une histoire qui
cause une rupture et rompt les images autour delle :
en apercevant lamour qui surgit, idéal et beau
comme un Eros grec, je pars danser quelque part sur la
lumière qui fouille la ville et les rues jusquau
moindre pan de mur. Elle sera aussi dans la chaleur de
tous mes regards et de toutes les vagues océanes qui
jaillissent de ma plume de poète et éclaboussent tes
yeux qui lisent dans la pénombre du soir, quand toute
une maison sendort. Il y aura de quoi danser
jusquà la fin des temps sur cette lumière en arc
en ciel, chemin de finitude. A son acmé je dormirai,
enveloppée de la douceur rêvée. Le tendre enlèvement
des jours.
- Trop de beauté. Et trop
damour. Et lamour, comme une terre de feu,
sest enfoncé dans la mouvance saline qui a fini
par le couvrir jusquaux épaules. Quand, pour la
dernière fois, il a pu se retourner vers le poète
resté au rivage, son visage dans un halo de lumière
rouge a flamboyé sur lhorizon. Le poète est mort
foudroyé de cette vision dinsoutenable beauté.
Ses yeux, les yeux mortels de lamour dardaient. Le
monde était si beau ce soir-là ! Ses épaules si
rondes quelles navaient rien dun Atlas
mais plutôt dune mère qui porte ses enfants.
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- Comment ai-je pu laisser si
loin vagabonder mon âme ? Il pleuvait fin, il
pleuvait serré. Les gouttières déversaient en
cataracte leau du ciel qui navait pas trouvé
le chemin vers la terre.
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- Jarrive. La façade
est comme je les aime : urbaine et parisienne. Ce
nest pas la même chose.
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- En attendant
louverture des portes, on entend les derniers
accords qui sont derniers raccords.
- Ici, je suis sur mon île,
soudain transportée. Le vent doucement dans les cimes
souffle et chante lui aussi la beauté du monde. Là,
bien là.
- Le concert sera court,
tissé de chansons qui disent toute lâpreté
de lamour, son exquise lourdeur et sa fatale
légèreté.
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- Jai bu
leau du Gange
- Abusé des
mélanges
- Jai
changé dhémisphère
- Trop joué
avec lenfer
- Valérie Leulliot
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- Catherine Lebouleux
- © CALISTO-235
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