Si Debussy m'était conté...

 

La maison natale

Achille Claude Debussy est né dans les Yvelines, au 38 rue au Pain à Saint-Germain-en-Laye le 22 août 1862. La famille Debussy gérait alors un magasin de faïences et de porcelaines à l’enseigne Manuel et Victorine Debussy. La famille quittera Saint-Germain-en-Laye en juillet 1864 pour Paris. La maison date du XVIIe siècle et est désormais inscrite à l'Inventaire des monuments historiques.

 

Une vie en 10 dates

  • 1870 : Victorine Debussy séjourne à Cannes avec ses enfants, chez sa belle-sœur Clémentine Debussy. Achille-Claude Debussy y prend ses premières leçons de musique avec le violoniste Jean Cerutti.

  • 1872 : Claude Debussy rentre au conservatoire de Paris

  • 1884 : Il obtient le premier prix de Rome avec sa cantate L’Enfant prodigue. Séjour chaotique à la villa Médicis.

  • 1888-1893 : Debussy mène la vie de bohème à Paris, fréquente les cafés parisiens, découvre le gamelan javanais et le théâtre annamite qu'interprète une troupe venue de Saïgon pendant l’exposition universelle de 1889, voyage à Beyreuth, rencontre Gabrielle Dupond, « Gaby aux yeux verts », se rend aux « mardis de Mallarmés », passe des soirées au cabaret « le chat noir » où il rencontre Satie, fait la connaissance en 1891 de Camille Claudel qui lui offre La Valse, sculpture qu'il conserve dans son cabinet de travail jusqu'à sa mort. Printemps 1893 : Il achète à la librairie Flammarion l'édition de Pelléas et Mélisande dont la lecture provoque chez lui « peut-être la secrète pensée d'une musique possible ».

  • 1898 : Il se sépare de Gaby (entre temps, il s’était fiancé à la chanteuse Thérèse Roger, mais des lettres anonymes dénonçant sa liaison avec Gaby Dupont ainsi que des dettes contractées, provoquent la rupture de fiançailles avec Thérèse Roger, et une tentative de suicide de Gaby en 1897 et des idées suicidaires le menacent).

  • 1899 : en avril début de la liaison avec Marie-Rosalie Texier, dite Lilly avec laquelle il se marie en octobre.

  • La période 1903-1909 est celle d’une consécration tardive : en janvier
    Debussy est promu Chevalier de la Légion d'honneur. En 1903, Il débute une relation avec Emma Bardac qui fait scandale (épouse d’un banquier, elle avait été la maîtresse de Gabriel Fauré). Sa femme fait une tentative de suicide en 1904. Il tente de négocier un divorce dès le début 1905. Les journaux rendent publique la tentative de suicide de Lilly : de nombreux amis vont s'éloigner alors de Debussy. C’est l’année où il achève La mer. Emma divorce en mai alors qu’elle est enceinte. Le divorce de Lily et Claude est prononcé en août. 15 octobre 1905, première audition de La mer, 30 octobre 1905 naissance de Claude –Emma, dite Chouchou (meurt de la diphtérie le 14 juillet 1919). 12 janvier 1908, Debussy dirige pour la première fois une de ses œuvres, La Mer, aux Concerts Colonne avec grand succès. 20 janvier 1908 mariage de Debussy et Emma Bardac à Paris.

  • 1909, début de la maladie qui emportera Claude Debussy, séances de pose chez Nadar, sortie d’une première biographie de Debussy

  • Avril 1913, inauguration du Théâtre des Champs Elysées, Debussy y dirige Le prélude à l’après-midi d’un faune

  • Mars 1917, dernière apparition publique de Debussy

 

 

Formation 

Etudie le piano, l’harmonie, la composition et l’accompagnement au conservatoire de Paris à partir de 1872

 

Ecouter Debussy jouer Debussy... (2e Arabesque)

     

     

    Debussy et le Prix de Rome

    5-11 mai 1883 Mise en loge pour le concours d'essai du Prix de Rome : il est classé quatrième avec Invocation, chœur pour voix d'hommes et orchestre sur un texte d'Alphonse de Lamartine.

    19 mai-13 juin 1883 Mise en loge pour le concours définitif du Prix de Rome : Achille-Claude Debussy remporte le deuxième grand prix avec Le Gladiateur, cantate sur un texte d'Emile Moreau. Le premier grand prix est attribué à Paul Vidal.

    10-16 mai 1884 Mise en loge pour le concours d'essai du prix de Rome : il est classé quatrième avec Le Printemps, chœur pour voix mixtes et orchestre sur un texte de Jules Barbier.

    24 mai - 18 juin Mise en loge pour le concours définitif du prix de Rome : Debussy remporte le premier grand prix de Rome avec L'Enfant prodigue, scène lyrique d'Édouard Guinand interprétée par Rose Caron, Ernest Van Dyck et Alexandre Taskin.

    Il séjourne à la villa Médicis à partir de juin 1885. Les premiers mois passés sont sombres et il ne fait aucun effort pour s'adapter à sa vie nouvelle.

    2 mars 1887 Debussy quitte définitivement Rome et retourne chez ses parents à Paris. 

     

    6 œuvres clés

    • 1893 : Quatuor à cordes en sol mineur

    • 1894 : Prélude à l’après-midi d’un faune inspiré du poème Faune de Mallarmé

    • 1902 : Pelléas et Mélisande sur un livret de Maurice Maeterlinck

    • 1903 : Estampes

    • 1905 : La mer

    • 1912 : Préludes

    Debussy et l’orientalisme

     

    C’est à l’exposition universelle de 1889 que Debussy découvre de nombreuses musiques exotiques. Son amy Robert Godet raconte : « Les heures vraiment fécondes pour Debussy, c’est dans le Kampong javanais de la section néerlandaise qu’il les goûta sans nombre, attentif à la polyrythmie percutée d’un gamelan qui se montrait inépuisable en combinaisons de timbres éthérées ou fulgurantes, tandis qu’évoluaient, musique faite image, les prestigieuses Bedayas. »

    Il est tout aussi marqué par le théâtre ambulant de Cochinchine. C’est probablement grâce à ces découvertes que Debussy s’écarte de Wagner. Tout prédisposait le compositeur à succomber aux charmes de d’Orient : sa curiosité artistique, son langage musical hors des normes académiques.

    Avec Estampes, Debussy commence sa maturité artistique dans le domaine du piano. Tous les canons en usage explosent : le compositeur n’aligne plus des notes, il combine des sonorités. La première pièce Pagodes nous emmène en Extrême-Orient et plus précisément en Indonésie à Bali. Le piano évoque les sonorités du gamelang entendu lors de l’exposition de 1889 : tout d’abord, les résonances cristallines des percussions balinaises : gongs, cloches, cymbales, ensuite les jeux très riches de superpositions rythmiques. Le thème principal est écrit dans une gamme pentatonique d’inspiration asiatique. Dans le même esprit de suggestion, Debussy a recourt à d’autres procédés musicaux pour les pièces suivantes : le rythme de Habanera nous évoque les souvenirs mélancoliques et hautains d’une tiède nuit andalouse, et les chansons populaires françaises Nous n’irons plus au bois et Do, do, l’enfant do…décrit un après-midi d’orage en France.

     

    Martha Argerich joue Estampes...

     

    En savoir plus sur l'orientalisme au 19e siècle

    L’Orient, depuis la campagne d’Egypte napoléonienne (1798-1801), la libération de la Grèce (1824) et la conquête de l’Algérie (1830) est une préoccupation générale. Les échanges, missions et voyages, notamment d’artistes, se multiplient et donnent un élan prodigieux à l’orientalisme. L’Orient éveille chez les artistes une curiosité ethnographique à partir du milieu du XIXe siècle. La confrontation avec la civilisation orientale, rendue plus directe par l’établissement de liens diplomatiques et économiques et par l’amélioration des conditions de voyage.

    C'est au début du XIXe siècle que le terme "orientalisme" fait son apparition. L'orientalisme, c'est l'Orient vu de son opposé, l'Occident. Compromis entre fiction et réalité, il donne lieu à des représentations parfois fantaisistes d'un Orient tout droit sorti des Mille et Une Nuits. C'est toute une part de la production artistique française et européenne du XIXe siècle qui subit l'influence orientale.

    Avec l'ouverture du commerce entre le Japon et le monde occidental en 1854, l'art et la culture japonaise commença à exercer une influence importante sur l'Europe.

    Les Expositions universelles de Londres en 1862 et de Paris en 1867, où était présenté un ensemble d'art japonais, déclenchent une véritable vogue. La communauté artistique, lassée de l'exotisme des palmiers du Moyen-Orient, trouve une nouvelle source d'inspiration dans les estampes japonaises de ton pastel et finement ciselés

    La mode de l'orientalisme s'efface à mesure que s'épuise le "mirage oriental" et que le tourisme de masse s'en va conquérir les sites. Avec l'effondrement de l'Empire ottoman en 1914, le mot même d'Orient cède la place aux concepts géopolitiques naissants comme "Proche-Orient" ou "Moyen-Orient".

     

    Le saviez-vous ?

     

    Victorine, la mère de Debussy assume seule l'instruction d'Achille-Claude qui, contrairement à ses frères et sœurs, ne fréquente aucune école.

     

    1871 : Le père de Debussy, Manuel Debussy s'engage dans la Garde Nationale et prend part à la Commune de Paris. Emprisonné au camp de Satory, il y rencontre le compositeur Charles de Sivry qui lui recommande de confier Achille-Claude Debussy à Antoinette Mauté, sa mère professeur de piano.

     

    1872 : Préparé pendant l'année par Antoinette Mauté, Achille-Claude Debussy se présente et est admis au Conservatoire dans les classes de piano d'Antoine Marmontel et de solfège d'Albert Lavignac. Debussy fut un élève dissipé, arrivant souvent en retard.

     

    Après quelques accessits en piano et solfège, Achille-Claude Debussy échoue définitivement en 1879 au concours de piano et entre dans la classe d’accompagnement. Il y obtiendra son seul premier prix. Il écrit néanmoins ses premières compositions en 1879 : Madrid, princesse des Espagnes et Ballade à la lune, mélodies sur des poèmes d'Alfred de Musset. Néanmoins en juin 1880, s’il obtient un 1er prix d'accompagnement, il connait son 3e échec en harmonie : le 30 septembre, le nom d'Achille-Claude Debussy est rayé de la classe.

     

    Il commence une carrière d’accompagnateur tout en continuant à composer. Il entre en 1880 dans la classe de composition et suit en auditeur libre la classe d’orgue de César Franck.

     

    Il adopte le seul prénom de Claude en 1892 (après avoir d’abord inversé son prénom).

     

    Au début du xxe siècle, afin de compléter ses revenus, Debussy publie de nombreux articles dans des journaux ou revues en qualité de critique musical et sous le pseudonyme de « Monsieur Croche ». 

     

    Étant appelé à parler de musique dans cette revue, que l'on m'accorde de m'expliquer en quelques mots sur la façon dont j'entends le faire. On trouvera donc à cette place des impressions sincères et loyalement ressenties, beaucoup plus que de la critique ; celle-ci ressemblant trop souvent à des variations brillantes sur l'air de « Vous vous êtes trompé parce que vous ne faites pas comme moi », ou bien : « Vous avez du talent, moi je n'en ai aucun, ça ne peut pas continuer plus longtemps... » (1901)

     

    Lors de la tournée des Ballets russes de 1913,  il collabore avec Diaghilev et Bakst, à la création du ballet Jeux.

     

    Debussy meurt le 25 mars 1918 à Paris.

    Sources

    Centre de Documentation Claude Debussy (http://www.debussy.fr/) 

    Biographie de Claude Debussy par France musique :

    (http://www.francemusique.fr/personne/claude-debussy-saint-germain-en-laye-1862-paris-1918)

    http://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html

    Journal l'Illustration, année 1918

     

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