Un concert à La Philharmonie

Une sortie avec calisto-235 est toujours source de stress et d’enthousiasmes divers. Choisir, financer, mobiliser, organiser, accompagner, rendre compte, cela commence longtemps avant et s’emballe dans un compte à rebours deux semaines avant la date fatidique pour atterrir sans douceur, avec des amertumes que viennent panser les moments d’émotion vécus dont il faudra restituer les couleurs par le menu dans un article qui nourrira le blog de calisto-235 au moins et quelques lecteurs au mieux !

Mais on y croit et c’est avec une motivation chevillée au corps et pour contribuer à la diffusion de la culture en dehors des grands circuits médiatiques que nous avons programmé cette sortie à La Philharmonie de Paris, un dimanche de janvier.

Nous avions assisté à l’enthousiasmant dernier concert de l’ONDIF (Orchestre National d’Ile de France) à Pleyel sous la direction du non moins enthousiasmant Wayne Marshall en décembre 2014 : un ONDIF enchanteur à l’entrain communicatif. La découverte de La Philharmonie de Paris sous les auspices de l’ONDIF s’imposait.

Nous voici donc avec une vingtaine de mélomanes, petits et grands, en route par un froid de saison, embarqués dans un car SAVAC grand luxe, aux amortisseurs dignes d’un hydroglisseur battant un record de vitesse, en route pour une aventure musicale dominicale. Une sortie « famille » comme les aime calisto-235 : des enfants, leurs parents, des adhérents, des amis. Bonne ambiance, la petite troupe à l’heure, circulation tranquille, nous avons une heure d’avance ce qui permet à certains de profiter de la conférence préparatoire au concert qui donne quelques clés d’écoute pour mieux profiter du programme.

Pendant ce temps, l’autre partie du groupe préfère découvrir les espaces publics du bâtiment : couloirs ondulatoires, noirs et blancs, scintillement des plafonds surgi de l’entrechoc de myriades de languettes d’acier sombre qui répercutent la lumière. Des moquettes ternes, sans chic, dans les tons marron, beiges, blanc cassé étouffent les pas. Surprenant, en équilibre au-dessus du vide, l’espace bar, tout de noir et de vitres revêtu semble à la pointe d’un vaisseau spatial ouvert sur Paris.

Enfin on entre dans la salle. Du contraste blanc-noir des espaces publics, on se voit introduits par d’étroits couloirs dans une salle lumineuse, aux tons chauds, aux lignes courbes, qui évoquent un univers ovoïde, quasi intra-utérin. Tout est inventé pour vivre la musique dans un état sensoriel originel.

Je laisse aux spécialistes le soin de commenter le programme musical : L’Après-midi d’un faune (Debussy), Tout un monde lointain (Dutilleux), Pavane pour une infante défunte (Ravel), La mer (Debussy). Une « French touch » somptueuse. Il faut noter néanmoins l’émotion d’entendre La mer de Claude Debussy, pièce symphonique devenue légendaire qui clôture le programme dans un étincellement triomphal. La découverte de Tout un monde lointain d’Henri Dutilleux, pour violoncelle et orchestre, ouvre une brèche dans les idées reçues sur la musique contemporaine, même si ce monde lointain date déjà des années 1970. Une interrogation demeure : pourquoi la musique contemporaine soulève-t-elle autant de mélancoliques et languides et poignantes impressions proches parfois d’un désespoir communicatif…?

 

 

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